::La MOrt danS l'Âme...::

::La MOrt danS l'Âme...::
Vous connaissez tOus la destinée tragique de la fidèle cOmpagne de Harry POtter lOrs du septième tOme... ?

D'après J.K.ROwling, "la perte d'Hedwige symbOlise la perte d'une part d'innOcence et de securité qu'Harry avait éprOuvé jusqu'alOrs." Dés le début, l'auteur annOnce dOnc la cOuleur en tuant cette créature innOcente.
"La plupart du temps, Harry la considérait comme une peluche..."

***

Evidemment, j'ai été effOndrée par la nOuvelle. Je vOyais mOn persOnnage mOurir avec elle.
C'est pOurquOi j'ai fini par me ressaisir; têtue, j'ai écris MA prOpre versiOn des faits...
Parce que Hedwige survivra tant qu'il y aura quelqu'un pour lutter pour elle =)

***

C'était une chaude journée d'été. Une journée comme les autres, pour beaucoup de ce monde, mais il n'en était rien pour ceux se trouvant dans l'enceinte, ou alentour de cette maison.
4 Privet Drive. Un quartie d'apparence très ordinaire, au premier regard, chaque voiture parfaitement alignée et la pelouse bien tondue. Quoique l'herbe moins verte qu'avant, mais c'était l'été.
Pour certains, l'ambition du moment était de profiter au maximum de ces dernières semaines de vacances, avant la reprise des cours... Ou même du travail. Pour certains seulement...


Elle avait tout planifiée. A vrai dire, elle y songeait des mois entier, depuis le jour précis où Albus Dumbledore s'était éteint.

Une bien sombre journée, ponctuée par deux coeurs qui se déchirent... Deux ? Pas tout à fait. Ce jour là, il y en avait eu trois.
Pour la protéger... Oui, Harry. Tu as raison. Aime la, chéris la, tant que tu le peux encore. Tu parais tellement heureux auprès d'elle. Tu souris...

Un sourire que tu m'a si rarement accordé. Mais je ne t'en veux pas. A tes yeux, je ne suis rien d'autre qu'un animal sans conscience. Bien que tu me parle, parfois. J'aime entendre ta voix. Tu me parle de tes peines... De tes souvenirs... C'est peu souvent, je dois dire, mais cela me fait l'effet d'une première fois.
Oui... A chaque mot, une renaissance. Puis, lorsque le voile des ténèbres de la nuit recouvre cette partie du monde, tu t'endors, et ma serenité s'endort avec toi.
Je me retrouve seule, dans cette cage, prisonnière de mes sentiments, seule dans le noir...
En quête de réconfort, je te regarde dormir. Tu es magnifique. Les rayons de la lune à demi croquée par on ne sait quelle divinité jouent sur ta joue, barrée par des cils noirs, et des cheveux en bataille recouvrant ta cicatrice.

Elle signifie tellement de choses pour toi, pas vrai ? Mais je ne peux pas m'accorder quelques minutes de plus. Jamais je ne me lasse, et pourtant je ne peux plus vivre ainsi. J'etouffe. Je veux être libre... Je t'en prie, délivre mon coeur que tu as mit en esclavage sous tes pieds dés le premier instant où nos regards se sont croisés...
Si c'est pour le piétiner après. Oh, mais je ne t'en veux pas. Tu l'aime. D'ailleurs, tu souris. Tu pense à elle. D'habitude, quand tu dors, tu fais de terribles cauchemars... tes gémissements sont autant de flèches empoisonnées me taillladant le corps métamorphosé et lâchement dissimulé.

Je préfère que tu aie un sommeil paisible en pensant à Elle. Moi, jamais je ne pourrais traverser ces barreaux pour te réconforter.... Jamais.
Je m'arrache à cette douce contemplation, je pousse du bec cette prison, dont la porte s'ouvre dans un léger grincement. Tu remues un peu, pas trop, tu repars dans le pays des songes.
Suspendue à ta respiration, je finis par esquisser un geste. Le cadenas gît un peu sur le côté. Tu pensais l'avoir solidemment fermé, pour le lendemain... Mais j'ai été assez habile pour te le laisser croire, l'ayant disloqué un peu plus tôt, la nuit précedente.
Je suis souvent habile à ce genre de choses. Je suis souvent habile, et uniquement à cela, pour fuir comme une lâche...

Qu'attends-tu de moi, après tout, mon nom est maudit.
Je sors de cette prison qui depuis si longtemps n'a été que l'épaule métallique pour supporter mes peines et mes sanglots. Déjà, mon corps est liberé. Mais pas mon coeur. Et encore moins mon âme...
Je reprends lentement ma forme humaine. Celle que je n'ai jamais voulu te montrer, Harry.
Je ne suis pas très différente. Les années ont gravées à l'encre de la neige des hivers rudes mes cheveux, trop tôt blanchis.
Mes yeux ont cette même couleur ambre que tu connais si bien. Mais je le détourne, je cherche, mes mains se referment sur une plume échouées au fond de la prison.

Oui, cela faisait des mois que j'avais tout planifié... Quelle tête ferait MmePince en voyant qu'un livre avait disparu de la réserve. Je souris à cette pensée mélancolique. Je ne la verrais probablement plus jamais, comme toi je ne te verrais sûrement plus.
J'ai mit tout mon être dans cette potion. Quelle habile cachette, cette planche branlante. J'ai pu y laisser fermenter à mon aise certains ingrédients, alors que la préparation se déroulait au grenier abandonné et seul habité par souris, araignés et autres nuisibles. Tout aussi nuisibles que moi.
C'était prêt. Tout était prêt... sauf moi.

Pourquoi ne parvenais-je pas à esquisser un geste ? Je devais repartir à la chasse, cette nuit. Le plus tôt serait le mieux. Si je ne me trompais pas, si ce que j'avais entendu était exact, tout se déroulera le lendemain.
Le temps passe... et sans toi je ne suis rien. Alors, puisque tout nous sépare... Je pars.

Je ne lui laissa qu'en dernière trace de moi, cette nuit là, cette souris innocente à qui j'ai fait boire le polynectar. J'ai même mit de la potion dans ce bac rempli d'eau, qu'elle ne manquera pas de laper dans la journée. Les effets dureront surement assez longtemps, le temps que je parte...
Je plaçais ce sosie de moi, cette chouette frémissante dans cette cage, que je referme solidemment.
L'aube était proche. Un nouveau jour se lève. Mais pour moi, tout devenait froid. Tout devenait noir. J'allais partir... et ne plus jamais te revoir.

Je n'arrivais pas à partir. Je m'assis calmement contre le plancher, ramena mes genoux contre moi, et attendit... Et s je m'endore ? Ce serait plus qu'embêtant. Si Harry me voyait ? Il ne me verra pas. Je partirais. Je partirais...

Mais il n'en fut rien. Mes yeux se scellèrent, dans l'espoir d'un renouveau, et moi-même fut entraînée dans un sommeil rempli de déchirure.
C'est les grattements incessant de la fausse chouette qui me tira de cette torpeur. Il faisait déjà jour. La peur m'envahie. Jamais je ne pourrais quitter cette maison avant que tu ne t'éveille. Déjà, tu remue. Vite, fuir, loin d'ici...
Je reprends cette forme animagi pour sortir par la fenêtre. Je vais sur le toit. Je guette tes pas. J'attends que tu dise adieu. Adieu... Adieu pour toi aussi.
Je m'apprête à partir, mais je t'entends remonter les marches quattre à quattre. Malgré moi, je me glisse lentement prés de la fenêtre, sans me faire voir. Tu tiens celle que tu prends pour Hedwige dans ta main, déjà fort embarassée de tes bagages.

Toi aussi tu pars... Ainsi, tout nous sépare.
Malgré moi, je n'arrive toujours pas à partir. Je descend à mon tour vers la fenêtre du bas, mal fermée. Personne ne me remarque. Je suis comme transparente.
Je sens mon coeur et ma gorge se serrer. Tu es en train de parler à "Hedwige".


¤- Tu ne veux pas jeter un dernier coup d'oeil à la maison ? Nous ne reviendrons jamais ici. Tu ne veux pas te rappeler les bons moments ? Regarde ce paillasson, par exemple. Quels souvenirs... Dudley avait vomi dessus quand je l'ai sauvé des Détraqueurs... Finalement, il m'en a été reconnaissant, qui aurait pu croire ça ? Et l'été dernier, Dumbledore à franchi cette porte...¤

Je reprends forme humaine, rase le mur exterieur de la maison. Lentement, un sourire traversa mes lèvres empreintes de nostalgie. Mes yeux me piquent un peu. Je réalise que je pleure. C'est faible... tellement faible...

¤- Au début, Hedwige, c'était là-dedans que je dormais ! Tu ne me connaissais pas, à l'époque... Oh, nom de nom, j'avais oublié à quel point c'était petit... ¤

Je me mords la lèvre inferieure pour rester silencieuse. Le sort de Désillusion n'était pas fiable à cent pour cent, même si je l'ai appliqué sur moi. Et on entend toujours le bruit.
Je ne sais comment exprimer la déchirure que je ressens. Cette soudaine attention envers moi... Alors que j'envisageais de le quitter, à jamais.
La "Hedwige" boude, elle ne paraît pas très habituée à ce corps et ne comprend pas ce qui se passe. Elle veut sortir, mais n'y parvient pas, alors reste bornée et muette.
Je tremble un peu. Tu retraçe ma vie, sans le savoir. Ma vraie vie, qui a commencé lorsque nous nous sommes connus la première fois... et tu ne sais pas...
Si tu savais à quel point tout mon coeur me criait de venir vers toi, et tout t'avouer...
Mais mon corps reste immobile. Et je ne dis rien. Peur ?
Je ne sais pas ce qui me retiens, mais j'ai la sensation qu'il s'agit de tout. Tout me retiens d'avouer... et tout m'éloigne de toi.
J'entre dans une sorte de léthargie sentimentale. Je réalise combien ma gorge me serre à m'en etouffer. Je n'y arrive pas... Je n'arrive pas à m'éloigner de toi.
Tu n'es ni de plus, ni de moins l'air que je respire.
Harry... Je t'aime tellement...
Tu continue de parler à voix douce, et à ce moment là j'étais presque jalouse de cette maudite souris. Oh, comme j'aurais aimé être de nouveau à sa place, t'entendre me parler... une dernière fois...
Mais c'était trop tard. J'ai mis six longues années à me décider à passer à l'action. Je ne veux pas douter au dernier moment. Je ne veux pas tout briser en six secondes. La machine était déjà mise en place.

Mes genoux ne me soutiennent plus. Je me laisse glisser le long du mur, disparais entre ces buissons. Des larmes amères glissent le long de mes joues pâles pour mourir dans mon cou, au coin de mes lèvres. Je ne sais pas où aller. Je suis presque déjà arrachée définitivement à Harry, et je réalise à quel point je suis perdue.
Même le rugissement assourdissant de la moto volante ne m'arracha nullement à cette torpeur qui me laisse de glace. Je ressers mes bras autour de ma taille, esperant me rechauffer avec.
Mais rien ne semble plus réconforter mon âme glacée.
Je repartirais demain.
Je resterais là, contre ce mur de pierre, à dormir peut-être, je ne sais pas. Il faut attendre que tu t'éloignes, avec cette Hedwige dont tu ne tardera pas à réaliser la véritable race.


**- Attention, Hagrid, dit Mr Weasley qui se tenait à côté d'eux, les mains sur son balai. Je ne suis toujours pas convaincu que ce soit une bonne idée et, en tout cas, cela ne doit servir qu'en cas d'urgence.
- Bon, alors, dit Maugrey, préparez vous, s'il vous plait. Je veux que nous partions tous exactement au même moment, sinon la diversion ne servira à rien.

Tout le monde enfourcha le balai.

- Tiens toi bien, Ron, dit Tonks.

Ron jetait furtivemment un regard coupable en direction de Lupin avant de prendre Tonks par la taille. Hagrid fit démarrer la moto d'un coup de kick : elle rugit comme un dragon et le side-car se mit à vibrer.

- Bonne chance à tous, cria Maugrey. On se retrouve au Terrier dans une heure environ. Attention, à trois. Un... Deux... TROIS !**

Je me demande comment tu réagiras.
Oui... Un, deux, trois... nous irons au bois.
Je ne peux pas savoir que tu m'auras déjà enterrée.
Quatre, cinq, six... oublier leurs vices...
Je ne peux pas deviner que les mangemorts avaient tendus un piège...
Sept, huit, neuf...
Je voyais des dizaines de Harry s'envoler, un temps considérable après.
Dix, onze, douze... Le sang sera-t-il rouge... ?
Je ne m'étonne pas. Même si j'avais oublié ce que j'avais entendue. Je pense simplement que je délire. Lentement, je me couche contre terre. Je respire l'odeur de l'herbe fraichement coupée, par les Dursleys qui n'avaient pas tenus à abandonner leur maison sans la mettre au propre malgré eux.

Je ressens de la compassion pour eux, soudainement, sans savoir pourquoi. Cette attention envers leur foyer me touche. Je ferme les yeux, lentement. Ils repartent. Tous. Je me retrouve seule avec le murmure du vent...

Un cri déchirant me fit rouvrir les yeux. Mon coeur semble partir en même temps. Je me redresse, si vivement que j'éprouve de la douleur dans mon dos et ma nuque, mais je m'en moque. Je lève la tête vers le ciel, je me lève entièremment. Je vois des silhouettes dans le ciel, une bataille qui fait rage. Des cris, des sortilèges fusant de tout part, frappant sans savoir quoi ni qui. Des corps tombent, s'écrasent non loin de là.

Un frisson violent me parcoure. Je m'approche de la terrasse, essayant de comprendre. Ce n'est pas simple, il y a des tas de Harry qui volent. Il y en a d'autres qui tombent... Mon coeur se met à suivre leur mouvement, dans cette chute d'ultime horreur, d'ultime agonie.
Mais il y a un cri que je reconnue, parmi les autres : le tien.
Je ne tardais pas à comprendre pourquoi.
Un couinement, faible, qui résonna en elle comme un claquement sonore de porte que l'on ferme.
Je comprends déjà, sans même le voir réellement.



**HEDWIGE !!!**


Tout est fini.
Pour toi... Je suis morte.

# Posté le samedi 22 mars 2008 10:16

ZoOm

L'image, étant trOp grande, semble de plus basse qualité; c'est pOurquOi j'ai tenté un zOom.

[Et un article de plus xD]
ZoOm

# Posté le samedi 22 mars 2008 10:28

Dernière lUne.

Dernière lUne.
Dernière lune



J' étais une l0uve s0litaire, au pelage blanc,
Qui brillait s0us la lumière de la lune d' argent.
C' était ma lune ad0rée, m0n seul ange gardien,
Celui qui veillait sur m0i du s0ir jusqu'au matin.
Certaines nuits, elle f0rmait un berceau de lumière,
P0ur bercer t0us les l0uvetaux vivants sur la terre.
Elle se reflétait sur la surface de cette l' étang,
0ù je buvait rarement, que quand j' avais le temps,
Car les chasseurs, ces humains qui s0nt à n0s tr0usses,
Chaque j0ur, chaque nuit, n0us p0ursuivent, n0us p0ussent,
A partir, partir très l0in p0ur tr0uver un n0uveau havre,
Je sais que lune est t0uj0urs là, blanche c0mme marbre.
Mais un s0ir 0ù le ciel est n0ir, je me sentie perdue,
Le br0uillard devenait si épais que je ne v0yait même plus,
Les arbres cr0chus qui cachaient ces h0rribles 0mbres,
Fusil sur l' épaule, près à tirer l'imp0rte 0ù dans l'0mbre.
Après un "pan" j' étais à terre et senti une terrible d0uleur,
Une balle en pl0mb avait blessé ma jambe, heureusement pas m0n c0eur.
A cet instant, p0ur échapper aux humains, je rampa jusqu' a l' étang,
Je ne v0ulais pas finir en f0urure mais baigner dans m0n pr0pre sang,
Je me laissa t0mber dans les pr0f0ndeurs de l' eau rec0uverte de brume,
La dernière ch0se que je vit, c' était cette lune n0ire, ma dernière lune.
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# Posté le samedi 29 mars 2008 12:12

Modifié le samedi 29 mars 2008 12:45

" - мêмє ѕσℓєιℓ ∂'нινєя, мêмєѕ вяυιтѕ ∂є вяιη∂ιℓℓєѕ...

" - мêмє ѕσℓєιℓ ∂'нινєя, мêмєѕ вяυιтѕ ∂є вяιη∂ιℓℓєѕ...
Le bout des doigts glacé
Le givre sur les grilles... "

C'est en retournant quelques vieux papiers que j'ai retrouvé deux "manuscrits" rédigés de ma plume.
Par ennui, plus que par curiosité, je les ai parcouru du regard, puis au bout de quelques mots, j'ai finalement relu les textes.
Même si à présent je déteste l'univers insouciant dans lequel j'osais vivre, face à la beauté de la souffrance engorgée d'espoir naif à travers les lettres, je me suis dit : pourquoi pas les publier sur mon blogs... avant de fermer ce dernier, pour toujours. Cela fera de la poussière en moins sur mon bureau.

Oui, je vais fermer ce blog. Ou plutôt l'abandonner. Ne me demandez pas pourquoi tout de suite; vous le saurez aux articles suivants...
Mais avant, je tenais à dire un grand "merci" à toutes les âmes errantes qui ont pu laisser une trace dans leurs commentaires. Cela m'a touchée.


Je n'appartiens désormais plus à cet univers. Vous venez de découvrir un manuscrit; vous pouvez le lire sans crainte. Ce sont les derniers vestiges de ma plume arrachée. J'ai beaucoup de chance, d'autre n'ont pas l'occasion de laisser leurs mémoires sur cette terre avant de s'en effacer, vulgaire poussière mourante perdue dans les confins de la voie lactée...
C'est pourquoi je vais glisser quelques unes de mes prières, celles qui ont bercées mon agonie lente et glacée.
Lecteur. Si tu lis ces lignes, c'est qu'à cette heure... je ne suis plus de ce monde. Le mien s'est écroulé sur ses fondations, ces poutrelles rongées par les mites et le Temps...
Pardonnez moi, je n'ai sans doute pas eu assez de force pour lutter. L'ennemi en moi était trop fort. Je n'ai pas su vaincre la menace la plus dangereuse à mes yeux : Moi-même...

Mais, sur ce, je vais délaisser l'attention des lecteurs afin de leur confier le dit manuscrit. Pardonnez moi, je n'ai pas daté ces récits. Je sais seulement qu'ils remontent à prés de... cinq ou six mois, si ce n'est plus.
Sur ce...
Que le vent vous guide, mes chers lecteurs. Je ne suis plus là pour le contrôler... Car en somme... nous sommes tous.. totalement... hors de contrôle !
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# Posté le mercredi 19 novembre 2008 11:14

" - мêмєѕ σ∂єυяѕ ∂'нυмυѕ, ℓα тєяяє... qυι ѕє тєяяє

" - мêмєѕ σ∂єυяѕ ∂'нυмυѕ, ℓα тєяяє... qυι ѕє тєяяє
Tout y sera, tout y sera
A part... toi "




Je ne sens plus mes doigts ni mes pieds. Le vent est particulièrement glacial et agressif ce soir. Ce matin, déjà, il faisait moins de dix degrés...Enfin, il me semble. Je ne sais pas quoi faire pour me réchauffer.
J'attends... un quart d'heure... une demi heure... je perds le fil. J'attends. Quoi ? Je ne sais pas.
Je fritte mes mains, souffle dessus dans un dernier recours. De la buée sort de ma bouche. Je vois des fleurs, de couleur jaune. Des pensées. Comme celles qui ont poussé miraculeusement dans la boue, prés de la tombe de ma mère. Elles sont brisées, fermées, aussi froides que moi.
Leur coeur et leurs pétales ternes échouent misérablement au sol, la silhouette brisée.
Brisée comme moi.


~Même température,
Le mercure à zéro~

J'esquisse un pas. Le froid sinueux se faufile alors sous mes manches, le tissu du pantalon glace la moindre parcelle de ma peau dans un frisson vulnérable. Assaillie par la morsure cruelle, je tire les manches sur mes mains le plus fort possible et je fourre ces dernières dans mes poches.
Fermées...
J'essaye de les déboutonner, mes doigts tremblent, je ne peux plus rien tenir, ni sentir quoique ce soit sous ma paume. Enfin, j'y suis parvenue. L'intérieur est glacial lui-aussi.
Je songe à la douce chaleur d'un magasin encore ouvert à cette heure. Mes pas commencent à me guider d'eux-même, comme animés d'une volonté propre que je ne puis contredire. J'avance à l'aveuglette, dans les ténèbres envahissant la ville... même les étoiles semblaient perdre leurs éclats dorés. Je n'ai plus le courage de lever les yeux au ciel afin d'y cueillir les promesses utopiques de ceux étant censés m'aider dans ma chienne de (sur)vie.

Mes joues et mon nez me picotent, je sais qu'ils sont des plus glacés, parce qu'ils étaient les plus exposés au vent traitre. J'essaye de fourrer ma tête dans mon écharpe; en vain. Elle aussi semble froide.
Je tremble. Je n'arrêtes pas de trembler. La buée se glisse en dehors de mes lèvres gercées et entre ouvertes, comme le froid se glissant partout en moi.
Il pénètre mes poumons, les gorge de son souffle morbide et j'eus l'espace d'un instant la sensation de me noyer dans mon propre oxygène... le froid ne s'arrêta pas là; il élit domicile dans mon coeur, s'installe dans les moindres parcelles de mon corps, en pays conquit, tel une quelconque île aux trésors...
Comme si j'étais pourvue de la moindre valeur.
Je me dit : à force, j'ai l'habitude. Mais c'est faux. C'est toujours aussi froid à frôler, aussi dur à supporter.
Je devrais avoir l'habitude. Mais je n'y arrive pas. Sans doute ne suis-je pas si forte que les autres l'ont cru...
Mes songes s'égarent du côté des pensées... les fleurs, bien entendu. Etrange coïncidence. Je ne ris pas. Je ne sais plus.

Je continue de marcher, dehors c'est tout noir. Un autre frisson me submerge. Je ne vois ni où je vais, ni d'où je viens. Encore moins où je peux, où je veux être.
Je crois entendre des bruits. J'ai peur, et un peu honte aussi. Je crois me souvenir que, pas plus tard que la veille, un couple s'était fait tué. Un soir comme celui-là, avec tout le froid et tout le noir. Peut-être même qu'il y avait aussi, avec le froid et le noir et la peur, les assassins.
Peut-être même que je vais également y passer.
J'essaye de presser le pas, le bout de mes pieds me font ressentir avec douleur l'impossibilité de la chose. C'est comme marcher dans le vide.. sauf qu'il fait mal et me fait peur, à chaque foulées... Si je cours, si je me raccroche à la vie et tente de me souler avec le bruit... ce n'en sera que plus douloureux encore, et je serai étouffée par ces corps qui m'entourent.


~Même mélancolie fauve
Au portillon du zoo~

Je redresse la tête après avoir fixé mes bottes d'un air vide, et je suis surprise devant tant de lumière.
A ainsi trembler de crainte et de froid... d'effroi ? je n'ai pas remarqué cette chaleur, et ces gens qui sortent. A cette vue, la faim et la fatigue me creusent davantage, et le froid plus encore, comme un fardeau quelconque abattu sur mes épaules et m'amenant à me courber un peu; le poids de l'âge n'était pourtant que trop léger.
Je reste là, immobile, intimidée par ce véritable soleil de lumière de ces gens; et les fourmis à chacune de mes extrémités, mais aussi dans mon ventre, remuèrent férocement comme cherchant à en sortir.
L'appétit tiraille mon estomac, trouble ma fatigue et la creuse. Les deux sont sûrement ensemble tout en même temps.

Je regarde à travers les vitres des foyers, prison de verre où je suis prisonnière sans être à l'intérieur... enfermée dehors, je compte mes heures. Et ces gens et leurs lumières aveuglantes et leur chaleur calcinante, assis autour d'un conte ou à table, partageant le repas et les conversations en famille.
Politique, hobbies, vêtements, école, mensonges, ils parlent ils parlent les gens, avec leur lumière et leur chaleur dont ils n'ont même pas conscience, leur chaleur en dedans.
Et moi, séparée par un lincueil de verre, je les regarde, sans politique ni famille à qui parler; certe... mais je sais apprécier la flamme d'une bougie.
Je me détourne de tout cela. Je sais que ça n'est pas pour moi. Je n'ai pas le droit, je n'ai pas réussi pour avoir tout ça. Je dois poursuivre ma route...

Un magasin, là, juste en face de moi. Avec sa chaleur, sa lumière et les gens à l'intérieur, et ceux à l'extérieur qui rentrent ou en sortent...
Je peux y aller, je le sais. A cette simple pensée, sa chaleur me frôle. Je ne dois pas périr trop vite; ce serait trop facile. Je sais que je dois savourer le supplice longuement... c'est le pacte. C'est convenu comme tel. Pour refuser l'accès à ce corps, je dois en payer le prix le plus cher... mais qu'importe. C'était ça, lutter : par tout les sacrifices.
Mes pas s'emballent, je veux vite atteindre la porte de verre ouverte, par crainte qu'elle ne se referme sur moi.
Je m'arrête à temps, une salve de voiture passe.
La route, je ne l'avais pas vue. Il y avait cette route entre Lui et moi... toutes ces voitures qui passent quand même et que je ne connais pas.

J'aurais beau décalquer
Refaire les mêmes parcours

J'attends. Encore. Je passerais à la première occasion, traverserais cette muraille la tête haute, avec défi. Je passerais.
Cela mettra un peu d'animation dans leur vie trop chaude et trop lumineuse...

Un, deux, trois, je traverse. Me mets à courir. Le trottoir est tellement loin, je le voyais plus proche, et voilà ces gens qui reviennent en roulant vers moi, sans me voir... Je suis tellement transparente.


~Mêmes parents pressés,
Leurs enfants en manteaux~

Pourtant, je me retrouve devant le magasin, perdue, hébêtée. Ne contenant plus mon excitation, je pousse la porte en frémissant et savourant ma victoire.
Je pénétrais dans le monde de mille feux, avec sa chaleur qui me caresse dans un doux appel. Je rentre, apprécie la lente et progressive sensation de cette chaleur qui chassait mon froid pour me dénouer.
Pourtant, sur le côté, à quelques mètre, un enfant trébuche. Je me tourne vers lui, un peu béate encore.

" - Laisse Jeremy! Papa va se fâcher..."

Mon air extatique se dissout aussitôt tel une giclée d'acide, et un grand froid m'envahit de nouveau. Pourtant, je suis dedans, non plus dehors... ces lieux devaient me protéger du froid en dedans. Non ?
Je revois de nouveau les pensées, brisées, la tombe en marbre noir, les lettres gravées...


~Tout y sera, tout y sera
A part toi~

Je me détourne, trop tard, essayant de m'arracher à cette emprise de solitude et de souffrance. Je fais mine de regarder les bijoux. Ils brillaient de mille feux, mais je les fixais sans les voir. Après le vide et le froid dans mon esprit, je me demande, lointaine, à quoi serviraient ces bijoux.
Je n'en possède pas un seul, mais je n'ai déjà pas l'argent nécessaire pour manger ce soir. Un bref instant, je me surprends à les détester. Eux, qui jettent la nourriture, s'achètent des bijoux pour briller encore plus alors qu'ils ont déjà plein de chaleur et de lumière en eux.
Et ceux qui croient être les victimes, qui se lamentent de ce qui n'existe pas...

" - 'Pa! 'pa! " résonna la voix de l'enfant plus loin, si floue et lointaine, comme un écho...

~Parc de la Pépinière, fin de semaine,
Encore une heure, encore une heure à peine,
Encore une heure de jour et la nuit vient...~

Et puis... rien.
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# Posté le mercredi 19 novembre 2008 11:42

Modifié le mercredi 19 novembre 2008 16:13